Pourquoi nous ne passerons pas l’Halloween cette année (et peut-être plus jamais)

Depuis le début de la pandémie, plusieurs personnes se disent que cette crise, c’est l’occasion de changer. Je le crois aussi, depuis bien avant la crise, et maintenant plus que jamais. Mais que signifie changer? Si mes bas (chaussettes pour les européens!) sont sales et puent, je vais les changer. Donc, je devrai les enlever, mais aussi les remplacer par d’autres. Changer, veut dire remplacer, trouver une autre manière, un remplacement.

Est-ce que se sont juste les gouvernements et les grosses compagnies qui doivent initier ces changements? Je crois justement que non.

Je fais partie de ceux qui croient que cette crise n’est que le début de ce qui nous attend si nous ne réagissons pas avec force face aux menaces des changements climatiques et profonds déséquilibres sociaux qui s’installent. Mais que veut dire réagir avec force? Pour moi, c’est AGIR maintenant, chaque fois que je le peux.

Depuis le début de la crise, je constate que, malgré le discours sur changement, la tendance est plutôt à vouloir rester le plus possible dans nos habitudes et à souhaiter le retour à la normale. Probablement parce que c’est sécurisant. Par contre, je ne suis pas certaine que l’avenir sera si sécurisant que cela si nous n’acceptons pas de changer.

Je viens tout juste de commencer le livre de Frédéric Lenoir VIVRE! DANS UN MONDE IMPRÉVISIBLE. Un livre écrit dans l’urgence en réponse à la crise sanitaire actuelle afin d’apporter de la lumière et de la résilience dans les but de nous aider à vivre cette situation. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue et écrivain.

Dès l’exergue, il cite Carl Gustav Jung: « Les crises, les bouleversements, la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie. »

Cette citation me semble si juste. Dans son avant-propos, Frédéric Lenoir affirme: « Si nous cherchons à repartir « comme avant », nous irons de crise économique en crise économique, de crise écologique en crise écologique, de crise sociale en crise sociale et de crise sanitaire en crise sanitaire. La vraie solution consiste à changer de logique, à sortir de la frénésie consumériste, (,,,). » Je l’arrête ici afin de faire le lien avec notre décision de ne plus passer l’Halloween ou en d’autres mots, de ne plus célébrer cette fête de la même manière.

Que signifie changer? Si je change de bas, j’enlève mes bas pour en mettre de nouveaux. Si je veux changer, je dois enlever quelque chose pour le remplacer par une autre.

Nous sommes en pandémie. Mais nous ne souhaitons pas changer. Comme un réflexe de protection. Nous sommes en pandémie, mais on veut quand même que nos enfants puissent passer l’Halloween, comme avant. Malgré la contagion, malgré la situation de crise sanitaire, de crise écologique aussi. Pourquoi? Juste pour ne pas traumatiser les enfants? Les enfants savent tellement s’adapter. Et demandons-nous s’ils souhaiteraient passer quand même l’Halloween en pensant à tous les dommages que cause cette manière de la fêter à leur planète et à leur futur.

Je crois que chaque nouveau débat face aux nouveaux défis posés par les mesures sanitaires de ce que l’on devrait ou ne devrait pas faire en temps de crise devrait être fait en se demandant: Pourquoi vouloir garder cette habitude? Est-ce une bonne et saine habitude? Est-ce possible de la transformer pour changer?

Pourquoi changer l’Halloween?

  • Parce que c’est quand même un peu absurde de vouloir conserver cette tradition en temps de pandémie.
  • Parce que l’Halloween est une fête hyper commerciale, polluante et mauvaise pour la santé, nous gavons les enfants de sucres industriels qui les rends dépendants au sucré.
  • Parce que les compagnies qui fabriquent ces bonbons sont parmi les plus irrespectueuses de la santé de notre planète (voir la liste de Greenpeace sur ce sujet).
  • Parce que l’Halloween peut très bien se fêter autrement.

Vers un nouvel Halloween

Voici des exemples de ce qui pourrait être changé pour adopter de nouveaux paradigmes dans notre transition pour un monde plus sain.

Imaginez que tout l’argent dépensé pour des bonbons mauvais pour la santé soit plutôt donné à des causes humanitaires.

Imaginez des grandes ou petites fêtes communautaires, des parades de costumes qui se terminent par des repas ragoûtants entre amis et voisins aux couleurs de l’Halloween.

Imaginez moins de gaspillage, d’emballages polluants, et aussi moins d’encouragement envers des compagnies qui font parties des plus irrespectueuses pour la planète.

Imaginez le CHANGEMENT.

Un VRAI de VRAI. Un changement vers le joyeux, le sain, la prise de conscience que chaque situation peut être revue et corrigée et que le pouvoir de changer nous appartient. Mais qu’il faut l’OSER. Pour de vrai.

Alors moi, c’est ma réflexion, ma position. Profitons de tous les défis de cette pandémie pour revisiter nos vieilles habitudes ancrées, pour dépoussiérer nos traditions et les secouer un peu. Et je serais prête à gager que les enfants seront les plus grands gagnants car en tant que communauté nous agirons pour leur offrir un monde meilleur où s’amuser ne menacera pas leur sécurité future. Que cette sécurité soit économique, écologique ou sociale. Ils seront les premiers à s’y adapter si nous nous y croyons.

C’est pour cette raison que je me lance, et nous lance à tous, le défi de célébrer Halloween différemment cette année, pour nous protéger de la contagion, mais surtout pour profiter des défis de la crise pour changer vers le mieux. Cette année, chez-nous, nous célébrerons l’Halloween par un repas digne des plus grands films de peur avec décorations, déguisements, ambiance effrayante et fierté de faire notre part!